Lieu de l'oeuvre: Magasin Cache-Mire, Rue des capucins 40 à Mons

Céleste Gangolphe s’est récemment installée à Bruxelles, après une première vie professionnelle passée à Paris au journal L’Express. Elle se spécialise aujourd’hui dans le dessin, la peinture et la création de fresques murales. Céleste Gangolphe oscille entre différents styles graphiques, ce qui lui permet d’adapter librement ses compositions en
fonction des spécificités du projet. Le plus souvent, elle réalise des géants, parfois androgynes, à qui elle attribue des postures douces et inspirantes.
Passionnée de motifs, Gandolphe travaille les textures, les matières et intègre dans ses travaux des imprimés textiles, du papier peint ou encore des mosaïques. Attachée au dessin, à la peinture et au collage, elle tente de construire à travers ces médiums des images fragiles et sensibles qui peuvent trouver une place dans l’espace public.
Il s’agit toujours pour elle de s’adapter à un lieu et à ceux qui y vivent, tout en essayant de créer un univers qui interpelle et qui raconte une histoire.
Clairement, elle aime installer des décors de rue et mettre en situation des personnages imaginaires, souvent mi-homme mi-femme, portant des motifs colorés, proches des imprimés textiles et du papier peint.

Voici en pleine ville une fresque végétale envahissant le mur de façade. Mons étant une ville minérale, tout apport végétal est donc visuellement très marquant dans le parcours de cette rue qui relie la gare à la rue piétonne. Céleste Gangolphe rend ici hommage aux hommes et aux enfants de feuilles du Doudou.
Quelques-uns de ces personnages se trouvent, en effet, enfouis dans ce lierre rhizomique s’agrippant peu à peu aux lézardes des briques du mur. Outre le magnifique travaille de texture et de matière qui se développe tout en nuance de vert luisant sur la façade, l’artiste est aussi parvenu à intégrer dans ce camouflage des clés d’interprétations que seul un regard aiguisé et averti peut décoder. Pour l’artiste, cette fresque aborde le rapport Homme et Nature omniprésent dans le combat dit Lumeçon.
Outre ce rapport essentiel dans la ducasse entre Sauvage et Civilisé, un autre thème important apparaît en filigrane au travers de cette fresque, celui de la filiation qui assure la transmission de ce mythe depuis des générations et des générations.

Le doudou des enfants joué une semaine après celui des adultes est devenu au fil des années un moment clef essentiel et déterminant dans la reconnaissance
de ce patrimoine vivant et adapté à notre société actuelle.
Aussi appelés Hommes sauvages, les Hommes de Feuilles soutiennent et gardent la queue du dragon. Ils sont au nombre de huit. Ils l’extirpent littéralement du public à chaque coup de queue. Ils sont habillés d’une veste et d’un pantalon verts recouverts de feuilles de lierre au nombre de 1500 à 2000 environ.
Elles sont cousues à la main de fil noir, les jours précédant la Ducasse. Les Hommes et Enfants de Feuilles sont couverts d’un long chapeau conique
retombant derrière la tête, portant des feuilles lui aussi. La chemise des Hommes de Feuilles est rouge comme les revers de leur veste et leur cravate est jaune. Leurs massues vertes à picots rouges complètent leur apparence pour leurs donner les attributs de force et de puissance de la Nature, qui s’amenuisent au fil du Combat. Au fur et à mesure
de leur effeuillage, les vestes dévoilent un dessin original d’une massue sur une feuille, sur la poche de poitrine et sur le dos.