Honet commence le graffiti à Paris, en 1988. Cette forme d’expression lui apparait comme quelque chose de totalement novateur, comme le miroir de notre époque. Il fait de cette pratique son mode de vie, et plongealors, corps et âme, dans cette odyssée artistique qui l’a toujours tenu éloigné d’un métier classique. Honet aime explorer la ville, en particulier les bunkers de la Seconde Guerre mondiale et les catacombes de Paris.Il se met à la recherche d’endroits cachés et chargés d’histoires, où les gens ne peuvent pas aller. Pour Honet, le graffiti et l’exploration ont en commun le goût de l’aventure et de la découverte de sa propre ville. Un univers graphique qui se compose, entre autres, de lampes frontales, d’escaliers, de trappes ou encore de clés comme s’il était à la recherche de mondes souterrains, invisibles. “Je vais là où mes angoissesm’attirent, dit-il. J’aime explorer des endroits sombres, chaotiques, détruits et violents. La peinture est un moyen de les dompter, de me les approprier.” Fervent voyageur, Honet parcourt le monde pour s’amuser, découvrir, peindre et également pour exposer ses travaux récents. Depuis plus de 25 ans, il laisse ainsi sa trace en Europe mais aussi à Moscou, Pékin ou Tokyo. Par ailleurs, il collabore régulièrement avec des marques comme Prada, Lacoste, Ruby ou Louis Vuitton qui donnent de l’importance à la symbolique de ses dessins et à leurs lignes épurées.L’intervention picturale concerne l’ensemble des fenêtres du bâtiment. Honet a ici interprété dans un style graphique qui lui est propre le miracle des Brasseurs de sainte Waudru. Tous les ingrédients du récit sont présents : les quatre brasseurs enchaînés dans leur prison obscure, la garde habillée en jaune et noire aux couleurs du chapitre de sainte Waudru et bien sûr, monumentale et magistrale, sainte Waudruelle-même accomplissant le miracle de la délivrance en brisant les chaînes des prisonniers. Au cours de la Procession du Car d’Or le dimanche de la Ducasse rituelle, le carrefour de la rue des Soeurs grises et de la rue des Capucins est l’emplacement choisi pourla lecture de l’un des 5 Miracles de sainte Waudru :Au seizième siècle, quatre brasseurs accusés d’un crime capital sans que les preuves n’en fussentformellement établies, parvinrent à échapper de leur prison et, au lieu de s’enfuir, chargés de chaînes se présentèrent devant l’autel de sainte Waudru qui, de son vivant, avait consacré tant de ses efforts et de ses biens à la délivrance des prisonniers. Les quatre brasseurs supplièrent donc sainte Waudru,implorant qu’elle les libère. On vit alors les chaînesse briser et tomber à terre. Sainte Waudru avait ainsi fait reconnaître leur innocence.