François Curlet : Cresus & Crusoé

Exposition à Boussu

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  • Né en France (°1967), François Curlet s’installe en Belgique à l’âge de vingt-deux ans après un passage décisif par l’École des Beaux-Arts de Saint-Etienne et un autre aux Beaux-Arts de Grenoble. Il vit principalement à Bruxelles, depuis trente ans avec des évasions. C’est là, dans le sillage des artistes conceptuels belges que sont Jef Geys avec qui une relation humaine et artistique s’est tissée et Marcel Broodthaers comme figure générique, qu’il noue aussi plusieurs amitiés solides avec des artistes de sa génération, également reconnus internationalement, comme Michel François et Ann Veronica Janssens. Par le détournement, la contrefaçon et le contre-emploi, l’artiste se fait remarquer par un humour et un sens poétique qui interrogent avec virulence les implications sociales, politiques et économiques de l’objet quotidien et des signes ready-made que produit notre société de consommation.

    Dans les années 1990, François Curlet commence à exposer régulièrement en Belgique et à l’étranger (Le Magasin à Grenoble, FRAC Nord - Pas de Calais, Fondation Cartier, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles). Lors de l’exposition collective Les Chantiers du musée, mise sur pied en 2000 par Laurent Busine pour préfigurer l’ouverture officielle du Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu, il s’empare des cartes de visite de l’équipe du MAC’s pour les mettre au nom des voisins, créant ainsi un premier lien – ironique ? – entre notre institution et son environnement social. Vingt ans après, François Curlet est à nouveau l’invité du Grand-Hornu pour y investir cette fois l’ensemble des salles du musée de sa première grande exposition monographique en Belgique : Cresus & Crusoé. Celle-ci est conçue comme une rétrospective de sa pratique en trois actes, rythmant la progression du visiteur dans les salles et correspondant aux trois principales phases historiques de sa production : ses objets, ses peintures et les films auxquels il se consacre actuellement.

    À l’image de Clockwork (1998)qui utilise la toile imperméable d’un parapluie pour y sérigraphier des reproductions d’engrenages extraites de l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert, les objets-signes que produit François Curlet, depuis une trentaine d’années, sont une réponse poétique à la « pluie sémantique » qui se déverse sur nous quotidiennement à travers une dialectique économique où s’articulent effectivement savoir faire et faire savoir, valeur d’usage et valeur d’échange, bien de consommation et objet publicitaire. Parfois proche des vanités, cet art de la répartie qui joue habilement avec les objets comme avec les mots, en y révélant des sens cachés ou tabous, pousse le visiteur de ses expositions à revoir de façon critique sa dépendance aux choses matérielles et aux conditions de la vie moderne, suivant la voie tracée avant lui par Robert Filliou. « Les objets durent plus longtemps que les hommes. On les manipule, mais au final ce sont eux qui l’emportent », explique en ce sens François Curlet.

    À ce premier corpus composé d’objets-signes, succèdent les importantes séries de peintures à la bombe sur plaques de cuivre, Spéculoos (2013), Wafle (2013) ou Pepito (2013), que François Curlet a réalisées récemment, comme pour brouiller définitivement les frontières entre l’urbain et le domestique, l’art et l’industrie, le précieux et le rebut, le rationnel et l’informe tel que l’a défini Georges Bataille dans La Part Maudite. Articulant habilement la transition vers le moment cinématographique de l’exposition, la série Lens Flair (2004) participe également de ce même télescopage conceptuel, en matérialisant un effet optique indésirable (la diffusion parasite de la lumière à l'intérieur d'une lentille) par des disques de plexiglas peints par aérosol et suspendus dans l’espace. Enfin, François Curlet investit la grande salle carrée du MAC’s en y projetant quatre de ses films, courts et énigmatiques : Jonathan Livingstone (2013) ainsi que Air Graham (2015-2018) et The Hustle (2018) et The Yummy Patriot (2018), spécialement réalisés pour cette exposition.
  • Tarifs
  • Adulte
    À partir de 8 €
  • Article 27
    1,25 €
  • Sénior
    À partir de 5 €
Horaires
  • Du 25 novembre 2018
    au 10 mars 2019
  • Mardi
    10:00
    18:00
  • Mercredi
    10:00
    18:00
  • Jeudi
    10:00
    18:00
  • Vendredi
    10:00
    18:00
  • Samedi
    10:00
    18:00
  • Dimanche
    10:00
    18:00
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