35 000 victimes en une seule et même journée. Imaginez le retentissement qu'une telle tragédie pourrait avoir sur nos chaînes d'informations actuelles... C'était le 11 septembre 1709, l'une des plus sanglantes batailles de la guerre de Succession d'Espagne se déroulait sur les terres quévysiennes.
 
Le 11 septembre évoque pour la plupart d'entre nous, l'effondrement des tours jumelles du World Trade Center et ses 2 977 victimes. Sachez que dans l'histoire, cette date du 11 septembre avait déjà été synonyme de tragédie et de morts par milliers. C'était 300 ans avant les attentats new-yorkais, les caméras n'étaient pas là pour filmer et les enjeux tout à fait différents, mais, tout comme en 2001, il y eut un avant et un après 11 septembre 1709. L'histoire de l'Europe allait s'en trouver changée.
 

Stopper Louis XIV !

Les frontières qui définissent les contours de la Belgique actuelle n'ont bien sûr pas toujours été les mêmes. Elles n'ont cessé de bouger à travers les siècles et furent fixées au terme de nombreux conflits. Parmi les guerres les plus marquantes, la guerre de Succession d'Espagne a fait des ravages dans le secteur. Quand Charles II de Habsbourg, roi d'Espagne meurt sans enfant, sa couronne revient à son petit-neveux Philippe de France, qui n'est autre que le petit fils de Louis XIV. Les puissances européennes du Nord voient alors d'un très mauvais oeil l'appétit domanial de Louis XIV qui en s'alliant avec l'Espagne assoit encore un peu plus son pouvoir dominateur sur l'Europe. Se sentant menacés, ils se liguent contre le Roi Soleil et tentent de stopper ses envies de conquêtes.
 

Postés dans les bois

Nous sommes donc en 1709, les coalisés, menés par Marlborough (Malbrough en français), valeureux général anglais et le Prince Eugène de Savoie, à la solde des Autrichiens s'apprêtent à attaquer Mons. Galvanisés par leur victoire à Audenarde, Lille et Tournai, ils comptent bien infliger une nouvelle défaite aux Français.
En ce matin ensoleillé du 11 septembre, ils savent l'armée française derrière eux et veulent la combattre dans la plaine de Quévy où toute leur cavalerie pourrait se déployer aisément...
Oui mais voilà, le chef de guerre français, Villars a installé sa troupe dans la trouée de Malplaquet entre deux bois et les événements ne vont pas se dérouler comme ils l'avaient imaginés.
 

Une débâcle sans vainqueurs

106 000 hommes doivent combattre les 79 000 soldats français qui leur font face mais la trouée est trop étroite pour qu'ils s'y engagent tous. La bataille s'enlise. Le spectacle est dantesque et les pertes énormes. Les combats durent plus de 8 heures. A 15h, les Français finissent par battre en retraite. Ils perdent la bataille mais côté alliés, on est loin de fanfaronner. Les pertes sont telles (plus de 20 000 victimes) qu'ils renoncent à suivre les Français. Finalement, on ne sait encore de nos jours qui a gagné cette bataille !
 

Le circuit Malbrough

La bataille de Malplaquet qui a longtemps marqué les esprits fait aujourd'hui l'objet d'un circuit balisé : le circuit Malbrough. De la place de Blarégnies, vous partez vers Aulnois puis vers la frontière française sur les hauts lieux de cette terrible journée. Entre bois et campagne, les paysages semblent désormais apaisés. Les monuments commémoratifs et panneaux d'informations vous permettent de comprendre ce qui s'est joué ici il y a trois siècles. Le sort de l'Europe. Quelques années après, en 1713, le traité d'Utrecht mettait enfin fin à la guerre de Succession d'Espagne.