Combien de fois traversons-nous des rues, des places, des villes sans se demander ce qu'elles ont vécu avant notre passage ? Bien avant votre premier cri, Quaregnon vivait des heures tantôt joyeuses, tantôt pénibles. Placez-vous au centre de la Grand-Place, 1 300 ans d’histoire s’offrent à vous ! Des fouilles archéologiques menées en 2008 révélèrent l’occupation ininterrompue de la Grand-Place depuis le milieu du VIIè siècle ! Sous vos chaussures dort un ancien cimetière mérovingien...


Visite guidée de l’hôtel de ville

Tel un vaisseau de briques jaunes, l’hôtel de ville est amarré solidement à son port d’attache, Quaregnon. Inauguré le 11 septembre 1938, cet édifice Art Déco teinté de l’esprit moderniste des années 30, ne vous laissera pas de marbre. Sa tour, son imposant perron et son entrée monumentale défient les passants de la Grand-Place. Si cet air suffisant titille votre curiosité, optez donc pour la visite par  un guide bénévole de la commune. Ce dernier vous fera découvrir chaque recoin de l'édifice et vous plongera dans l’histoire. Vous comprendrez notamment ce qui lie Fernand Allard et Modeste Carlier, deux illustres peintres, à Quaregnon.
 
Bien sûr, il sera aussi question du passé houiller de la cité. C’est d'ailleurs à Quaregnon que fut signée la Charte du 26 mars 1894, par le Parti Ouvrier Belge, l’ancêtre du Parti Socialiste Belge. Rédigé par Emile Vandervelde, elle traduisait des aspirations universelles de solidarité, de justice et d’émancipation politique et sociale des travailleurs.
Pour illustrer ce passé ouvrier, la toile de Modeste Carlier « Sainte-Barbe apparaissant aux mineurs après un coup de grisou » met en scène la patronne des mineurs. Cette dernière est fêtée chaque année le 4 décembre. Modeste Carlier connaissait bien l'univers de la mine, il descendait à la fosse alors qu'il n'avait que 11 ans... Depuis, l'eau a coulé sous les ponts et Quaregnon se tourne avec optimisme vers l'avenir. En fin de visite, vous pourrez découvrir les habitantes insolites de l'hôtel de ville. Sur son toit plusieurs ruches d’abeilles noires produisent quelque 100 kg de miel chaque année. Pour voir en direct les belles en activité : www.hotel-de-miel.jimdo.com
 

L’histoire de la tour Saint-Quentin

L’autre monument de la Grand-Place qui attirera sans nul doute votre attention, c'est la tour Saint-Quentin. Il s'agit du seul vestige encore visible de l’ancienne église édifiée au début du XIème siècle. Vous traversez le temps rien qu'en la regardant tant la structure en pierres médiévales saute aux yeux. Faite de grès hennuyer, la tour est classée depuis le 21 août 1980, sa présence atteste d'une histoire particulièrement mouvementée. L'église Saint-Quentin n'a cessé d'être transformée à travers les siècles.
Déstabilisée par les exploitations minières et menaçant de s’effondrer, elle perdit au début du Xxe siècle son clocher, sa nef sud et les voûtes, démontés en 1909. En 1922, les restes de la nef ont été à leur tout démolis et les bases de la tour consolidées. A noter qu’en 2008, la nouvelle place communale restitua, dans son pavage, le tracé de l’église du XVème siècle, contemporaine de la tour Saint-Quentin. En 1928, un monument aux morts, œuvre de Georges Wasterlain est dressé sur l’une des faces de la tour. Composé de trois panneaux superposés, le monument affiche un air de famille avec celui de la ville de Lille, situé Place Rihour. Aujourd’hui, le monument vit ses derniers mois adossé à la Tour, il entame une grande phase de rénovation avant d’être déplacé vers le cimetière Espinette. La Grand-Place a sans doute trouvée sa version définitive.