A Boussu, la chapelle des Seigneurs fait partie de ces monuments devant lesquels on passe sans se rendre compte du trésor qu'ils renferment. Accolée à l'église Saint-Géry, elle abrite pourtant le plus bel ensemble de mausolées Renaissance de Belgique !
 
Sur les murs de l'église Saint-Géry à deux pas de la Grand-Place, une petite pancarte indique « la chapelle des Seigneurs ». Jouxtant le choeur de l'église, la chapelle pourrait passer inaperçue mais quelle n'est pas la surprise du visiteur lorsqu'il franchit les portes et tombe nez-à-nez avec ces mausolées, gisants, urnes et autres dalles funéraires datant pour certains du XVIe siècle !
 
Panthéon de l'histoire locale, l'édifice renferme les dernières demeures des comtes de Boussu sans qui la ville n'aurait pas le même visage aujourd'hui. Au rez-de-chausée, le mausolée de Jean de Hennin-Liétard retient inévitablement l'attention des visiteurs. Tout en marbre, il est orné de très grandes statues en albâtre. Les connaisseurs reconnaîtront le savoir-faire de Jacques Du Broeucq, artiste et architecte montois, qui avait également réalisé le château situé à quelques pas d'ici. Colonel de la cavalerie impériale, Jean de Hennin-Liétard était grand écuyer de l'empereur Charles Quint !
 
Dans la famille Hennin-Liétard, vous découvrirez également le mausolée polychrome de Maximilien de Hennin-Liétard. Quatre statues en pierre blanche d’Avesnes sont agenouillées devant le Christ. Ou encore celui de Maximilien II qui possède quant à lui des décors d'une grande finesse.
 

Des gisants presque réels

Au-delà des mausolées, les gisants du XVIe siècle ne laissent pas de marbre eux non plus... Le premier représente un cadavre en putréfaction dont le corps est rongé par les vers ! Sur son corps décharné voyagent d’étranges animaux aplatis ressemblant à de petits serpents ou à des sangsues. Le second met en scène un homme à l’article de la mort, étendu et en partie recouvert d’un drap, la tête posée sur une natte. Différentes études y voient également l'œuvre de Jacques Du Broeucq.
 
De part et d'autre du choeur, les urnes funéraires faites de marbres blanc et noir datent quant à elles du XIXe siècle. Elles contiennent les cœurs de Joséphine de Mérode et de Louis-Charles-Victor Riquet de Caraman, comte de Boussu.

 
Un musée d'art religieux

Le voyage ne s'arrête pas là... A l'étage, les deux transepts voûtés abritent chacun une galerie : au nord, la galerie dite des femmes, au sud, celle des hommes ! Ces galeries permettaient au seigneur et à son épouse de pouvoir assister séparément aux offices sans être en contact avec d’autres fidèles. Aujourd'hui, elles accueillent un petit musée d'art religieux qui nous fait voyager à toutes les époques. Au programme : des statues en bois polychrome du XIIe au XVIII siècle, des fragments de la chaire de vérité, des lutrins, canons d’autel, chandeliers et de nombreux calices, reliquaires, ciboires, ostensoirs, baisers de paix, encensoir et autres chasubles. Les objets présentés viennent pour la plupart de la paroisse Saint-Géry de Boussu et de la paroisse Saint-Martin d’Hornu.