Etude du Notaire Franeau, Rue d'Enghien 19
Photographie

Photographe, Laurence Vray allie une sensibilité « intime» - car loin des éclats de la mode. Elle procède, avec autant de rigueur que de retenue, à dévoiler une intimité possible avec le monde. La légèreté de son regard est grave et la gravité de ses vues est légère. Ainsi, par un paradoxe dont elle a longuement construit le secret, elle compose avec une assidue simplicité : une oeuvre pour la paix. Artiste montoise, Laurence capture l'intime et la légèreté et nous le transmet. Ses premières séries photographiques, Laurence Vray les consacre au « photo-reportage» lors de ses séjours au Maroc, en Inde, à Cuba ou au Népal. Les habitants de ces régions, leurs artisans, leurs religieux ... deviennent les acteurs de cette sublimation. N'oubliant pas son pays et sa région d'origine, elle réalise en 2002 la série La Glace Passe. Ces photographies en noir & blanc, dans la plus pure tradition de la streetphotography, sont un hommage à une région que l'artiste affectionne particulièrement. Au-delà d'une simple captation du réel, la photographe entreprend une réflexion sur le monde qui l'entoure en usant du médium photographique pour coucher sur papier ses idées. Elle s'interroge ainsi sur la notion de « temps ». Ces photographies à la force indicible sont une ode à l'humain et à sa fragilité, une réflexion sur la solitude également. Prolongeant cette réflexion sur le temps, l'artiste se met à jouer sur le médium photographique et décide de remonter à ses origines en utilisant la technique du sténopé. L'humain est alors exclu des photographies qui retournent dans la nature silencieuse et immuable, évoquant ainsi l'essence de la photographie. Ces images empreintes de reflux poétiques nous font rêver et retourner en enfance. Actuellement, comme une remontée dans le temps, un retour au lieu premier, Laurence Vray travaille sur la thématique de l'eau et des eaux-mères. Véritable baignade silencieuse, cette série nous offre une parenthèse solitaire explorant les résonances de l'eau, ses cours et ses flux. La photographe joue sur les oppositions entre présence et absence, solitude et compagnie, féminité et masculinité, fragilité et inaltérabilité de cet élément originel. Le focus est aussi mis sur les eaux mères, où le temps n'est pas encore linéaire, où la lumière joue encore de ses ombres entre les parois utérines, où la vie est en pure relation amoureuse...